Concernant les femmes et le féminin, il est un sujet qu’on a toujours très peu abordé (hormis dans les livres de biologie), à savoir, les règles. C’est pour cette raison que j’ai décidé de consacrer tout un dossier à ce sujet ! Nous aborderons donc le tabou qui les entoure, les représentations qu’on peut en avoir, comment se cocooner à ce moment du mois, comment vivre ses règles de manière écologique et responsable, tout en prenant soin de soi, bref, tout un programme !

Les règles, un sujet tabou

Ce tabou existe depuis des millénaires, dans énormément de sociétés du monde. En effet, dans certaines cultures par exemple, les femmes lorsqu’elles ont leurs règles sont considérées comme impures et donc isolées du reste de leur communauté (elles ne peuvent pas dormir au même endroit que les autres, toucher la même nourriture, etc.).

En France, les choses sont différentes, mais le tabou est tout de même bien présent : les règles, on n’en parle pas ! Il n’y a qu’à voir la manière dont on les évoque (« j’ai mes ragnagna », « je suis indisposée »…), la peur panique d’avoir une tâche sur son pantalon (honte et humiliation !), ou encore les chuchotements qu’on utilise lorsqu’on demande un tampon à sa copine comme si on abordait un sujet hautement confidentiel (alors que cela arrive quand même à environ la moitié de la population mondiale tous les mois) …

Le sexisme lié aux menstruations est également très marqué, notamment dans le domaine professionnel (mais pas que), où l’on réduit encore bien souvent l’avis et le comportement des femmes à leurs hormones (on a toutes entendu au moins une fois le fameux : « Bah qu’est ce que t’as tout d’un coup, t’as tes règles ou quoi ? »).

Bref, ce tabou est présent depuis belle lurette, et largement entretenu par la société et les médias, notamment par la publicité : rappelons-nous du fameux flux bleu qu’on a vu pendant des années, des pubs qui vantent les mérites d’une serviette hygiénique qui absorbe toutes les odeurs (car visiblement, les règles sentent mauvais), ou de celles d’un tampon qui nous permet enfin de faire du parapente et d’aller à la piscine (car toute pathologie mise à part, lorsqu’on a nos règles, on ne peut plus rien faire, c’est bien connu!) …

La censure en la matière est également très présente ; citons ici par exemple l’artiste Rupi Kaur, qui s’est vue censurée lorsqu’elle a osé poster sur un réseau social que je ne nommerai pas une photo d’elle endormie, avec une tâche de sang menstruel sur son bas de pyjama et son drap…

Notons enfin que les règles sont quasiment totalement absentes du cinéma, des séries télévisées, et de nombreux livres et romans, et ce même lorsqu’ils mettent en action des femmes…

Conséquences de ce tabou sur nos représentations

Ces exemples sont loin d’être exhaustifs mais illustrent bien le tabou persistant à ce sujet.

Or nous avons mine de rien été quelque peu éduquées avec ce tabou, et celui-ci est forcément à l’origine de croyances et de représentations autour des règles, que nous avons intégrées, et qui se sont renforcées au fil des années (par exemple : « les règles, c’est sale », « ça sent mauvais », « je ne peux rien faire quand je les ai » -en dehors de toute pathologie-, etc.).

Ceci explique en partie pourquoi nous considérons souvent (ou du moins avant d’avoir effectué un certain travail d’introspection) nos lunes comme quelque chose de négatif, à évoquer discrètement et tout bas, voire à cacher, etc. Je vous renvoie ici à vos propres représentations de la chose, ce qui fera d’ailleurs l’objet du second article de ce dossier. Mais rien ne vous empêche de commencer à y réfléchir des maintenant !

L’engagement de certaines femmes

Ce qui est positif dans tout cela, et qui mérite donc d’être souligné, est qu’une génération de femmes se lève actuellement pour sortir de ce tabou, ce qui contribue largement à ouvrir le dialogue, les consciences et les mentalités à ce sujet. Citons par exemple Camille Emmanuelle (« Sang tabou »), Elise Thiébault (« Ceci est mon sang »), ou encore Jack Parker (« Le grand mystère des règles »). Cette liste est loin d’être exhaustive, mais vous donnera des pistes de lecture !

Parce que quand on y réfléchit, on n’a pas à rougir quand on sort un tampon de son sac, à s’entendre dire quand on a le malheur d’être irritée : « bah qu’est ce qu’il y a, t’as tes règles ou quoi ? », à utiliser des images tellement métaphoriques pour en parler que personne ne les comprend à part soi, ou alors à mourir de honte parce qu’elles sont là alors qu’on ne les attendait pas …

Car il s’agit tout simplement de notre nature de femmes et que nous sommes nées comme cela !

Alors, prêtes à sortir du tabou ?

Dans le prochain article de ce dossier spécial Lunes, je vous inviterai à réfléchir à votre propre rapport aux règles, ainsi qu’à vos représentations en la matière !

Images utilisées :

https://www.femininbio.com/sante-bien-etre/actualites-nouveautes/j-etais-affectee-tabou-regles-maniere-tres-intime-89536

http://decadree.com/2017/01/13/les-regles-le-tabou-quon-vit-une-fois-par-moi/

https://www.huffingtonpost.fr/lexie-s/jai-mis-des-annees-a-admettre-que-mes-regles-netaient-pas-un-sujet-tabou-mais-une-partie-de-ce-que-je-suis_a_23418185/

https://www.grazia.fr/news-et-societe/news/suede-des-femmes-ayant-leurs-regles-s-affichent-dans-le-metro-872841

https://www.konbini.com/fr/tendances-2/comment-emoji-regles-a-subi-deux-deculottees/

http://yeggmag.fr/focus/menstruations-ne-plus-avoir-honte-ses-regles

L'auteur :

Marjorie Cambier - Sexothérapeute & Psychologue clinicienne

Sexothérapeute et psychologue clinicienne, j'accompagne les femmes présentant des troubles sexuels, à s'en délivrer, à développer leur féminité et à (re)trouver une sexualité épanouissante et satisfaisante pour elles. Je suis également spécialisée dans le domaine du traumatisme psychique et ai auparavant exercé plusieurs années dans une cellule d'urgence.

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