Nous sommes aux portes du déconfinement, nos enfants vont reprendre le chemin de l’école avec tout le lot de stress qui va avec. Peur d’être contaminé, peur de contaminer etc… Nous avons été inondés d’informations anxiogènes, tous les jours nous voyons à la télévision le décompte du nombre de morts. Vous avez peut-être perdu un être cher ces dernières semaines. Vous êtes angoissé à l’idée que votre enfant reprenne l’école, mais vous n’avez pas le choix …. Toutes ces situations peuvent faire le lit d’un stress Post-Traumatique chez l’enfant. Selon les âges, les enfants n’impactent pas de la même façon mais il faut redoubler de vigilance concernant nos petits comme nos plus grands. Je vous avais déjà parlé du Stress Post-Traumatique  et la définition est identique chez l’adulte et chez l’enfant.

Parmi les types de traumatismes il y a :

  • Les accidents graves, les désastres naturels, la guerre, les accidents, les incendies, etc .. et évidemment ce que nous venons de vivre avec le Covid-19 !
  • Être témoin d’une autre personne qui subit des sévices
  • Être maltraité physiquement ou sexuellement

Chaque enfant ou adolescent peut réagir de façon très différente face à une expérience traumatique. Il est toutefois important de savoir que même si un enfant ou un adolescent a subi un traumatisme, il ne faut pas croire qu’il en subira nécessairement des conséquences émotionnelles graves par la suite.

 

Quels sont les enfants susceptibles d’être sujet à un stress post-traumatique ?

Plusieurs éléments influencent la façon dont les enfants et les adolescents réagissent à un événement traumatique :

  • Leur âge et leur aptitude à comprendre ce qui s’est passé,
  • La nature de l’événement lui-même, à quel point ils y ont été exposés, si eux ou quelqu’un d’autre en sont la victime,
  • Le sexe de l’enfant,
  • Leur personnalité
  • Leur situation avant l’événement,
  • La vitesse avec laquelle ils peuvent retourner à une vie normale après l’événement,
  • Leur réseau de soutien et les gens qui les entourent,
  • Et si oui ou non ils ont déjà subi un traumatisme par le passé.

Sans forcément vivre la situation, il suffit juste que l’enfant en soit témoin pour être en insécurité au quotidien. La difficulté de compréhension de l’événement traumatique peut causer de la peur et de l’anxiété surtout chez les touts-petits.

 

Quels sont les signes d’un stress post-traumatique chez l’enfant ?

Les réactions face à un événement traumatique peuvent varier beaucoup d’une personne à l’autre et également selon son âge.

  • Chez l’enfant, le premier signe du stress se traduit généralement par un changement soudain de comportement. Il devient subitement irritable, agressif ou au contraire, plus inhibé, se mettant à bouder dans son coin alors qu’il n’avait pas l’habitude de le faire avant. Un changement brusque d’attitude et/ou de tempérament qui peut mettre la puce à l’oreille. Puis l’enfant va commencer à se dévaloriser, à se dénigrer, à porter sur lui-même un jugement dégradé. Il se trouve nul et dit qu’il n’arrivera à rien.

 

  • Il n’est pas rare que le stress se manifeste en outre par des difficultés de concentration : parce que son anxiété mobilise beaucoup d’énergie, il a du mal à focaliser son attention.

 

  • Parallèlement, les signaux psychosomatiques sont aussi fréquents chez les enfants stressés. Comme chez les adultes, le ventre est souvent le siège de l’anxiété : douleurs abdominales, nausées, troubles digestifs…

 

  • Certains enfants se plaignent parfois de maux de tête, de fatigue. Chez ceux qui souffrent de maladies chroniques (asthme, eczéma), on observe généralement une aggravation des symptômes.

 

  • Des douleurs physiques, sans explications biologiques, ne doivent pas être minimisées, Car elles sont bien réelles. Même si l’on ne parvient pas à expliquer pourquoi, l’enfant souffre vraiment. C’est son corps qui s’exprime pour lui.

 

  • Des troubles du sommeil et de l’endormissement (cauchemars, peur du noir ou des voleurs) ou des troubles de l’alimentation (perte d’appétit, ou, à l’inverse, compulsions alimentaires) peuvent aussi se manifester.

 

  • Enfin, il arrive aussi que le stress s’accompagne de comportements régressifs chez les enfants (besoin de lumière pour s’endormir, pipi au lit, volonté de sucer son pouce ou de boire au biberon…) et de l’apparition, ou réapparition, de tics (clignements des yeux, ongles rongés, balancements, tortillements de cheveux…) mais aussi ils  peuvent commencer à pleurer plus souvent qu’auparavant, être effrayés plus souvent et être plus collants.

 

  • Les adolescents peuvent également nourrir davantage de colère et être contrariés, et s’éloigner de leurs amis et d’activités sociales importantes. Ils peuvent également devenir maussades, montrer des signes de dépression et être inquiets au sujet de l’avenir. Leurs habitudes de sommeil et leur appétit peuvent aussi varier. Quelques fois, les adolescents commencent à utiliser l’alcool et les drogues à la suite d’un événement traumatique ou s’impliquer dans d’autres comportements risqués ou illégaux.

Il est important de comprendre que faire face à des expériences traumatiques est un défi complexe. Les réactions à l’événement peuvent donc être très différentes et imprévisibles.

 

Conseils pour aider votre enfant à passer ce cap

Rassurez-le : Votre enfant a besoin de se sentir en sécurité. Alors peut-être pensez-vous que c’est acquis mais il est préférable de le formuler régulièrement : Vous êtes là et lui apporter sécurité.

La routine, ça rassure ! Essayez de garder votre routine autant que possible. Les routines peuvent aider un enfant à reprendre la vie normale, l’aidera à se sentir plus en sécurité. Assurez-vous de respecter les routines et les limites que vous avez fixées.

Plus de câlins et plus de complicité : Il est difficile de récupérer d’un incident traumatique, et un enfant ou un adolescent peut avoir besoin de plus d’amour et d’attention à ce moment-là.  Un câlin va libérer une hormone : l’ocytocine >  hormone de l’attachement,  du bonheur. Cela se produit dès que l’on prend dans ses bras, ou que l’on est pris dans les bras de quelqu’un pendant au moins vingt secondes. Les câlins nous font du bien car ils nous renvoient au tout petit enfant que nous étions. Celui qui est câliné, pris dans les bras de quelqu’un, en sécurité.

Les câlins favorisent les liens sociaux et sont efficaces face au stress. Lorsque l’ocytocine est activée, on va beaucoup plus vers l’autre, on a moins peur. On se sent moins seul aussi, être touché c’est ne pas être seul.  Même si la durée du câlin ne dure qu’un court instant, pendant ce temps-là, on se sent reconnecté à quelqu’un. C’est ainsi un antidépresseur naturel. Çà marche aussi bien pour celui qui donne, que pour celui qui reçoit !

Exprimer ses sentiments : Encouragez l’enfant ou l’adolescent à exprimer ses sentiments. Pour les jeunes enfants, ceci peut se faire par des jeux, de l’art ou des histoires. J’aime beaucoup personnellement la roue des émotions, très ludique pour les touts-petits qui ne s’expriment pas encore bien.  Pour les adolescents, vous rendre disponible pour parler. Mais il très important de ne pas les forcer de quelque façon que ce soit de parler de leur expérience, ou de leur faire sentir qu’ils doivent vous parler. C’est une décision personnelle qui leur revient et qu’on respectera.

La roue des émotions > Plus d’infos par ici

Reconnaissez et validez la façon dont votre enfant ou votre adolescent se sent. Lorsque vous écoutez un enfant ou un adolescent exprimer ses sentiments, acceptez que ce sont leurs sentiments en demeurant calme et en validant la façon dont ils se sentent. Ne négligez pas et ne minimisez pas leurs sentiments en leur disant qu’ils ne devraient pas s’inquiéter, ou que « c’est juste une petite chose pour laquelle ça ne vaut pas la peine qu’on s’inquiète ».

Cultivez la psychologie positive ! Prenez note des sentiments négatifs, mais n’en oubliez pas pour autant ceux qui sont positifs. Il est important de reconnaître comment votre enfant se sent, mais il ne faut pas non plus accorder plus d’importance qu’il faut aux sentiments négatifs ou déplaisants. Il est important de reconnaître les autres sentiments (et comportements) plus positifs tels que l’affection et l’empathie. La psychologie positive aidera les enfants à adopter un état d’esprit constructif et à rester confiants face aux épreuves au lieu de ruminer des pensées mentales négatives et de se torturer l’esprit.

Dire la vérité : Les enfants sentent quand on leur ment et ça les angoisses. Ils sentent qu’on leur cachent quelque chose et cela fait le lit de scénarios complètement anxiogènes. Si votre enfant vous posent des questions sur les événements actuels , donnez-leur  des réponses simples et honnêtes. Assurez-vous que votre réponse aidera l’enfant à mieux comprendre l’événement et ne créera pas de confusion supplémentaire. Utilisez des mots simples et adaptés à l’âge de votre enfant. Pour les plus petits faites vous aider avec des livres sur le sujet.


On évite le stress supplémentaire : Dans la mesure du possible, essayez d’éviter tout stress additionnel dans la vie de l’enfant ou de l’adolescent, comme des changements importants du style de vie, etc. Soignez indulgents avec les devoirs, les notes scolaires, les exigences du quotidien. C’est le moment d’être un peu plus souple.

Encouragez-les à reprendre une vie normale dès que possible : Même si cela vous angoisse, plus vous les encouragerez à reprendre le fil normale de leur vie et plus le sentiment d’insécurité disparaîtra. Le retour à l’école est une grande source d’angoisse pour vous et du coup pour vos enfants. En général, ils sont plutôt impatients de retrouver leur amis après cette longue période d’isolement. Mais ce choix vous appartient complètement.

Encouragez-les à participer à des activités physiques : Se dépenser physiquement libère ses pulsions motrices et on le voit prendre un très grand plaisir à se bagarrer pour s’amuser, à sauter à la corde, grimper, courir, danser, jouer à la marelle. Sil ne peut exprimer sa vitalité en jouant, il peut alors devenir agité, anxieux.

Apprendre à vos enfants à respirer en cohérence cardiaque : Vous un ou plusieurs enfants dans une respiration à deux ou collective, inspirations et expirations étant synchronisées sur la respiration de l’adulte. Ils sont en cohérence cardiaque et en phase. L’effet est renforcé et amplifié par cette respiration synchrone favorable aux deux. Il faut aussi savoir que l’inspiration active le sympathique (énergie) et l’expiration active le parasympathique (apaisement). Il est donc possible de guider l’enfant en augmentant la part de l’un ou de l’autre selon l’effet désiré.
Pour doter vos enfants de « superpouvoirs », le Dr David O’Hare propose 47 « respiroutines » comme Le calme papillon, Le cœur à deux bras, L’orchestre imaginaire, Le cercle de l’amitié, Le moulin à vent… Autant de jeux respiratoires qui permettent à l’adulte de guider la respiration de l’enfant de 2 à 11 ans et le placer en cohérence.


Pratiquer la méditation de pleine conscience : La méditation de pleine conscience permet de donner aux enfants et aux ados des outils pour réguler eux-mêmes leur stress et leur état émotionnel. La méditation soulage les symptômes de l’anxiété. Inviter les plus jeunes à méditer en pleine conscience, c’est les entraîner à sentir qu’ils sont vraiment là, à se sentir bien dans leur corps, à apprécier d’être tranquille.

   

Reprendre contact avec la nature : L’enfant a besoin d’espace et la nature,  source inépuisable d’émerveillement : les animaux, la végétation, le ciel, les étoiles, la campagne, la forêt, la montagne, la mer, les coquillages, les fleurs à observer et à ramasser… Si vous habitez près d’une forêt, profitez de faire une petite sortie en famille.

 

L’alimentation en renfort

En tant que professionnelle de la naturopathie, il est bien évident que l’alimentation est importante et qu’une assiette équilibrée permettra d’optimiser l’état émotionnel de votre enfant / ados.  Quelques pistes sur cet article « l’alimentation anti-stress » et quelques pistes alimentaires sur celui d’Élodie Bocher-Rajalu, praticienne en Naturopathie.

 

Des élixirs floraux pour soutenir l’émotionnel 

fleurs de Bach

Si vous ne connaissez pas les élixirs floraux (plus connus sous l’appellation Fleurs de Bach) Je vous invite à lire cet article qui détaillé : « Fleurs de Bach, vivre en harmonie avec ses émotions »

Premier réflexe : Le rescue KIDS ! L’élixir de secours par excellence !

Faites vous-même un Élixir « Déconfinement »  :

  • Star of Bethlehem est la reine du choc émotionnel !
  • Rock Rose sera utile en cas de sentiment de peur, de panique aiguë, terreur, cauchemars et permettra de retrouver force, courage pour les situations de crise.
  • White Chestnut  permettra de retrouver une tranquillité d’esprit, de la concentration.
  • Clématis aidera votre enfant à retrouver la concentration
  • Mimulus en cas devant des choses précises : peur du noir,  de la solitude, … sera utile pour aider votre enfant à retrouver courage face aux événements difficiles.
  • Red Chestnut s’adresse aux enfants soucieux excessifs et toujours inquiets pour les autres surtout en ce qui concerne la famille et les proches amis. Cette fleur l’aidera à retrouver confiance et sérénité.

Vous pourrez faire votre fiole sur le site Deva-lesémotions.com

Fleurs de Bach : à quel rythme prendre les gouttes ?

Il est de coutume de dire que l’on obtient un meilleur résultat en consommant les Fleurs de Bach 4 fois par jour.
La posologie idéale : 2 gouttes diluées dans un petit verre d’eau ou sous la langue, quatre fois par jour. demandez à votre ado de les prendre 20 mn avant de manger ou juste avant la situation de stress.

Pendant combien de temps ?

Pour rééquilibrer des émotions temporaires : de 1 à 5 jours
Pour traiter un état émotionnel plus profond : de 20 à 30 jours

 

Des bonnes nuits de sommeil

Si votre enfant à des troubles du sommeil, vous trouverez sur cet article d’ Elodie Bocher-Rajalu, praticienne en naturopathie, tous les conseils naturopathiques  pour votre enfant se réconcilie avec le marchand de sable.

 

Apaisement avec les huiles essentielles

En respiration sur un petit mouchoir à glisser dans une poche, ou diluées dans une huile végétale pour un massage relaxant et apaisant le soir avant d’aller dormir, les huiles essentielles seront un atout de poids dans la gestion du stress quel qu’il soit.

  • La Lavande vraie : incontestablement, la panacée des huiles essentielles. Elle régule harmonieusement le système nerveux. Elle est antispasmodique, en cas de crampes d’estomac si vous avez le ventre noué. Elle est remarquable, elle se comporte comme une mère attentive et attentionnée, qui prend soin de son enfant.

 

  • La Mandarine : elle détend et apaise car c’est un puissant calmant. Elle permet de s’endormir facilement, ce qui est important en cas de stress. Elle est également antispasmodique. Elle vous permet de renouer avec l’âme de l’enfant joueur et d’apporter joie et gaieté dans votre vie. Attention : elle est photosensibilisante, c’est à dire que si vous vous exposez au soleil après utilisation, la peau peut devenir rouge.

 

  • Le Petit Grain bigarade : sédative et calmante, elle favorise le sommeil. Elle permet également de rassurer pleinement dans les moments de séparation telle qu’une peine de coeur ou lors des séparations inhérentes à la vie (divorce, deuil).

 

  • La Camomille noble : excellente sédative nerveuse. C’est une calmante du système nerveux central et également une anti-spasmodique. Elle aide à lutter contre l’anxiété et ses manifestations.

 

Comment savoir si mon enfant va mieux ?

Chaque personne traite les traumatismes de façon différente, cependant voici quelques signes indicateurs que votre enfant va mieux ou qu’il s’est remis :

  • Capacité de parler ouvertement du cœur du traumatisme avec des amis et la famille
  • Capacité de reprendre ses activités quotidiennes et les activités sociales à l’école
  • Capacité de reprendre les routines quotidiennes et les activités à la maison

Quand consulter un professionnel de la santé ?

Lorsque les signes psychosomatiques sont importants malgré tout et que l’état de votre enfant / ados ne présente pas des signes de « mieux », il sera impératif de consulter votre médecin traitant qui vous aiguillera vers psychologue ou un pédopsychiatre.

Si vous sentez également que vous avez du mal à gérer votre sortie de confinement, et que du coup vous aurez du mal à rassurer votre enfant, pensez à consulter un professionnel de la naturopathie qui saura vous donner les bons outils pour vous aider à vous remettre sur pieds !

 

 

L'auteur :

Stéphanie Mezerai - Praticienne en naturopathie

Praticienne et Formatrice en naturopathie. Stéphanie est une passionnée d'écriture et auteure de plusieurs ouvrages. Elle a aussi plusieurs cordes à son arc : la cohérence cardiaque et la gestion du stress. Créatrice du programme "Happy Ménopause©" et "Détox Zéro Sucre©", elle consulte sur Montauban (82)

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