Bien que les faits ne soient pas formellement vérifiés, c’est la reine Victoria au 19e siècle en Angleterre qui marque la première utilisation historique du cannabis à caractère médical en Europe chez la gente féminine. Sir Russel Reynolds, son docteur, lui prescrivait alors des concentrés de cannabis pour soulager Sa Majesté de crampes menstruelles royales.

Aujourd’hui, on comprend mieux comment les principes actifs du cannabis sont à même de soulager les douleurs pelviennes des règles douloureuses ou bien encore de l’endométriose. La science et le développement du cannabis médical depuis une vingtaine d’années font la lumière sur les propriétés du cannabis à l’œuvre dans la gestion de l’endométriose et viennent à la rescousse des « Endogirls » dans les pays où le cannabis médical est encadré et autorisé. Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi le cannabis et le cannabidiol sont des allies 100% naturels et des pistes thérapeutiques crédibles pour les femmes atteintes d’endométriose.

 

Rappel sur l’endométriose

Maladie complexe de l’endomètre, le tissu qui tapisse l’utérus, l’endométriose est en fait une série de complications et lésions qui proviennent d’un déficit du système immunitaire à maitriser les reflux de cellules endométriales. Le tissu endométrial qui se développe hors de l’utérus n’est pas correctement détruit, se greffe sur les organes, et provoquant des lésions, voire des kystes ovariens.

 

 

 

L’endométriose est parfois difficile à diagnostiquer et revêt différentes formes, la douleur ressentie n’est pas forcément corrélée avec la forme d’endométriose :

– L’endométriose superficielle : les lésions liées à l’endométriose superficielle se situent au niveau du péritoine, fine membrane qui recouvre la cavité abdomino-pelvienne.
– L’endométriose profonde : les lésions s’infiltrent à plus de 5mm dans les organes touchés. Les lésions affectent les muscles des organes abdomino-pelviens, comme le vagin, la vessie ou le tube digestif.

– Le kyste de l’ovaire : l’endométriose se manifeste aussi sous forme de kyste, en atteignant un, voire les deux ovaires. Ces kystes sont en général liés à des endométrioses profondes.

– L’endométriose digestive : forme fréquente, touchant environ 20% des femmes, l’endométriose digestive se caractérise par la présence de nodules dans le tube digestif ou les organes apparentés (rectum, colon).


Symptômes

Les symptômes liés à l’endométriose sont multiples mais regroupent principalement :

  • Douleurs abdominales, pelviennes, périodiques ou chroniques
  • Règles irrégulières, abondantes et/ou douloureuses
  • Rapports sexuels douloureux
  • Ballonnements au niveau du bas-ventre

A noter que certaines formes d’endométriose sont asymptomatiques et sont diagnostiquées par hasard.


Traitements allopathiques

Les femmes atteintes d’endométriose tentent principalement de calmer les douleurs à grand recours d’antalgiques et d’anti-inflammatoire, ce qui conduit à terme, à des effets secondaires pour l’estomac et le tube digestif. La maladie nécessite une prise en charge clinique sur le long-terme. Les traitements classiques incluent donc :

prise d’antalgiques et/ou d’anti-inflammatoires

traitement hormonal :

– opération chirurgicale 


Le cannabis médical


Le cannabis a décidément le vent en poupe aux USA et un peu partout ailleurs depuis une quinzaine d’années, notamment dans le monde de la médecine, en premier lieu, parmi les patients atteints de troubles pour lesquels la médecine classique peine à apporter des réponses satisfaisantes. Maladie de Parkinson, épilepsie, autisme, sclérose en Plaques, etc… nombre de patients atteints de ces maladies ont individuellement validé les propriétés inédites et l’intérêt thérapeutique du cannabis, en comparaison aux autres traitements proposés.

La France traine toujours des pieds à ce sujet et va lancer une expérimentation du cannabis médical d’ici 2021 sur une période de 2 ans. Une expérimentation, même si les exemples, ne serait-ce que chez nos voisins européens, ne manquent pas. Une expérimentation, qui ne comprend que certains groupes de malades, et dont l’endométriose est exclue pour le moment.

 

 

Ce n’est donc malheureusement pas de sitôt que les françaises pourront avoir accès au cannabis médical, qui inclut l’utilisation du THC, substance interdite et classée comme stupéfiant. En revanche, le cannabidiol : CBD est disponible légalement et offre des propriétés tout aussi étonnantes. Le CBD fonctionne en effet comme un puissant anti-inflammatoire, sans pour autant provoquer d’effets indésirables, le CBD, non psychoactif, vous permet d’avoir un avant-goût et de profiter dès à présent des bienfaits naturels du chanvre. Voici donc les principales propriétés du cannabis et du cannabidiol qui peuvent soulager les femmes atteintes d’endométriose.

 

Le cannabis, contre les douleurs liées à l’endométriose


Les cannabinoïdes, CBD et THC pour les plus connus, mais il en existe des centaines, agissent directement sur le système de la douleur, en inhibant l’intensité des messages de douleur envoyés au cerveau. Ils agissent aussi de manière indirecte sur la douleur grâce à l’action anti-inflammatoire.(voir point suivant) Ils ont aussi des propriétés uniques de désensibilisation des récepteurs périphériques dans les zones où la douleur est installée de façon durable. A noter que de nombreux pays dans le monde distribuent déjà du cannabis thérapeutique pour les douleurs liées à l’endométriose, notamment en Israël, en Californie, en Afrique du Sud. En Australie, une enquête menée en 2019 sur un panel de 484 femmes atteintes d’endométriose révélait que plus d’une femme sur dix (13%) consommait déjà régulièrement du cannabis de manière isolée, sans assistance médicale, afin de soulager ses douleurs, et que parmi elles, plus de la moitié avait considérablement diminué l’utilisation d’antidouleurs classiques. Parmi toutes les méthodes alternatives utilisées par ce panel de 484 femmes atteintes d’endométriose, le cannabis est considéré comme la plus efficace et est la plus largement répandue.


Le cannabis, contre les inflammations liées à l’endométriose


Les antalgiques comme l’ibuprofène ou les anti-inflammatoires non-stéroïdiens, comme le prednisone agissent sur les inflammations en neutralisant certaines enzymes qui en sont responsable. De la même manière, les propriétés anti-inflammatoires du CBD fonctionnent grâce à la régulation de la production de cytokine, une protéine impliquée dans le processus inflammatoire. En d’autres termes, le CBD ralentit la libération des cytokines, ce qui réduit ainsi les niveaux d’inflammation et indirectement les sensations de douleurs associés. Contrairement aux anti-inflammatoires classiques, le cannabis et le cannabidiol ne présentent que très peu d’effets secondaires ou indésirables et aucun risque à long terme. Les propriétés anti-inflammatoires du CBD et THC sont d’ailleurs bien connues, appréciées et recherchées des patients souffrants de MICI comme la maladie de Crohn. Pourquoi se priver d’un anti-inflammatoire naturel puissant et sans effets secondaires contraignants ?

 

 

Le cannabis, contre la vascularisation, multiplication et migration des cellules endométriales : des résultats chez l’animal


Parmi les effets du cannabis démontrés sur le modèle animal, l’inhibition de la vascularisation d’une zone inflammatoire pourrait dès lors, pour une femme atteinte d’endométriose, permettre de réduire l’intensité et le développement des lésions endométriales. De plus amples études cliniques doivent être menées dans ce sens, pour pouvoir affirmer ce rôle. Les cannabinoïdes favorisent aussi la lutte contre l’un des principaux facteurs de l’endométriose, la multiplication et croissance des cellules endométriales.

Une étude menée sur un modèle animal toujours, en Espagne, révèle qu’avec un effet presque immédiat, le traitement à base de THC, a permis de soulager les douleurs au niveau de l’abdomen de l’endométriose. En analysant l’endomètre des rongeurs, des signes plus faibles de croissance de cellules endométriales sont observés. Les cannabinoïdes permettent donc d’inhiber les facteurs de surmultiplication et de migration des cellules responsables de l’endométriose, du moins c’est le cas chez les rongeurs !


Rappel :

Le THC, principe actif dans le cannabis est une substance illicite en France, son utilisation, sa détention, ou sa revente est passible de poursuites judiciaires. Le CBD en revanche est une substance non règlementée et tout à fait légale en Europe et en France. Attention, les produits finis au CBD, comme huile CBD, capsules CBD, E-liquides CBD doivent respecter une teneur en THC maximale de 0.20% conformément aux dispositions européennes.


Quels produits au cannabis pour l’endométriose ?

  • Huile CBD : c’est la façon 100% légale et optimale de profiter des bienfaits du CBD, sans risque, effets longue durée, grande efficacité
  • E liquides CBD : effets immédiats mais avec une durée courte, risques liés à la cigarette électronique
  • Suppositoires vaginaux au cannabis CBD et THC : disponible seulement aux USA pour l’instant application localisée, effets longue durée, grand efficacité à en croire les commentaires et l’engouement pour ce produit, c’est une innovation réussie.
  • Fleur de CBD : lorsque les fleurs sont consommées à l’aide d’un vaporisateur, elles sont chauffées en dessous du seuil de combustion, permettant ainsi à tous les principes actifs de la plante d’être inhalés sans risques sous forme de vapeur. Les effets sont quasi immédiats et c’est le mode d’administration le plus couramment prescrit par les médecins dans les pays où le cannabis thérapeutique est légal.

 

 


En agissant de manière ciblée sur le système de la douleur, sur le processus inflammatoire et en limitant la croissance et migration des cellules endométriales, les cannabinoïdes, THC et CBD se positionnent comme une alternative thérapeutique plus que sérieuse et d’ores et déjà mise en place dans plusieurs pays.

Bien qu’en France on ne puisse pas avoir accès à l’ensemble des composants du cannabis, THC en particulier, le CBD peut être un complément intéressant à un traitement classique dans la gestion des inflammations. Nous vous conseillons d’en discuter avec votre médecin si toutefois vous avez le moindre doute ou si vous suivez déjà un traitement.

L'auteur :

Chris Martin-Passalacqua Créatrice de NanaTuropathe

Praticienne et Formatrice en Naturopathie, auteure de plusieurs ouvrages ainsi que de programmes de formation en ligne. Chris partage depuis 2015 sa vision de la naturopathie : 100% pragmatique et 0% mysticisme via son Blog Nana-Turopathe afin de rendre le "Mieux être" accessible à toutes ! (Et tous!)

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